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Interaction de compatibilité

Intensité × Défi

Ce couple compare le niveau d'ambition que la personne souhaite dans ses objectifs, sur une mission qu'elle maîtrise déjà, avec le niveau de défi que le manager fixe réellement.

Ce couple est l’un des dix couples actifs et équipondérés. Les quatre-vingt-dix autres croisements restent neutres dans la version actuelle.

Intensité×Défi
Principe

L’écart compte. Pas un “bon” côté.

Ce couple compare le niveau d'ambition que la personne souhaite dans ses objectifs, sur une mission qu'elle maîtrise déjà, avec le niveau de défi que le manager fixe réellement.

Le moteur conserve l’écart absolu pour la distance et l’écart signé pour choisir le sens de l’insight. Il ne transforme jamais un niveau élevé ou faible en qualité ou défaut.

Trois lectures

Ce que peut signifier l’écart.

−

Manager en dessous

Quand le manager fixe des objectifs moins ambitieux que la personne ne le souhaite, elle peut tenir ses résultats sans être sollicitée au niveau qui la mobilise, même lorsque l'objectif est raisonnable et correctement atteint. La recherche sur la fixation d'objectifs situe ce qui se perd alors. Dans la synthèse de 35 ans de travaux dressée par Locke et Latham, des objectifs précis et difficiles conduisent à une performance plus élevée que des objectifs faciles ou qu'une simple consigne de faire au mieux, à trois conditions : que la personne y adhère, qu'elle reçoive des retours sur sa progression et qu'elle dispose des compétences nécessaires [1]. Un objectif difficile agit en orientant l'attention, en augmentant l'effort et en prolongeant la persévérance [1]. Pour une personne dont l'Intensité est haute, un Défi modéré laisse donc ce levier inemployé. Ces résultats portent sur la performance, pas sur la préférence, et ont été retrouvés dans des tâches et des milieux de travail très variés [1]. Ce que la personne peut proposer : ajouter à l'objectif fixé une cible haute qu'elle se donne elle-même, avec des points de mesure réguliers, sans modifier l'engagement formel pris avec le manager.

≈

Niveaux proches

Quand les positions sont proches, le niveau d'ambition des objectifs correspond à la tension que la personne souhaite porter. Cette proximité ne dit rien de la façon dont l'ambition est tenue dans la durée. Même bien acceptés, des objectifs exigeants restent des contraintes de défi : ils nourrissent la motivation, mais s'accompagnent d'une tension qui pèse à son tour sur la performance [2]. Une personne à l'Intensité haute face à un manager au Défi élevé peut donc être en phase sur l'ambition et accumuler de la fatigue ; la proximité ne dispense pas de surveiller la charge. À l'inverse, un accord sur des objectifs modérés ne traduit pas un manque d'ambition partagé : il correspond à une préférence commune pour la marge, la qualité et la régularité. La recherche rappelle aussi que l'effet d'un objectif dépend de conditions extérieures à son seul niveau, comme l'adhésion de la personne et la qualité des retours qu'elle reçoit [1]. Enfin, des positions proches sur Intensité et Défi ne garantissent pas une bonne relation, et un écart n'en signale pas une mauvaise : la qualité relationnelle et la note que la personne donne à sa relation restent des lectures distinctes. Limite scientifique : les études citées ne démontrent pas que la proximité des réponses sur ce couple prédit la performance, la santé ou la qualité d’une relation. Il s’agit d’une lecture descriptive de l’écart entre deux réponses.

+

Manager au-dessus

Quand le manager fixe des objectifs plus ambitieux que la personne ne le souhaite, une tension durable s'installe là où elle préférerait garder de la marge pour sécuriser la qualité et la régularité. Une méta-analyse aide à comprendre pourquoi un objectif motivant peut néanmoins peser. Elle distingue les contraintes de défi, comme la charge ou la pression du temps, des contraintes d'entrave, comme les lourdeurs administratives ou le flou des rôles [2]. Dans la méta-analyse, les contraintes de défi présentent une association directe positive avec la performance, mais aussi des voies indirectes de signes opposés via la motivation et la tension [2]. Cela ne signifie pas qu'un objectif donné produira ces effets chez une personne. Un objectif élevé n'est donc pas neutre, même quand il stimule. La recherche sur les objectifs ajoute un second éclairage : à résultat égal, une personne qui vise haut en est moins satisfaite, car sa satisfaction dépend de l'écart entre ce qu'elle obtient et sa cible [1]. Ce que le manager peut ajuster sans renoncer à l'ambition : distinguer l'objectif sur lequel la personne s'engage d'une cible d'étirement, et vérifier que les moyens et le calendrier permettent de tenir la qualité. La personne peut, de son côté, expliquer ce que l'objectif lui coûte en marge plutôt que contester son niveau.

Limites

Ce que cet écart ne permet pas de conclure.

Une proximité sur ce couple ne prouve pas qu’une relation fonctionne bien. Un écart ne prouve pas qu’elle fonctionne mal. La compatibilité reste séparée de la qualité relationnelle et de la note vécue.

Dans la restitution active, un insight dyadique n’est affiché que si l’écart absolu atteint au moins 3 points ; au maximum trois insights sont retenus parmi les dix couples.

Sources et limites des preuves

Ces publications éclairent les concepts présentés ; elles ne valident pas directement le questionnaire, ses scores ou sa formule de compatibilité. Une référence issue d’un résumé ne permet pas de vérifier toutes les nuances d’une publication.

  1. Locke, E. A., & Latham, G. P. (2002). Building a practically useful theory of goal setting and task motivation: A 35-year odyssey. American Psychologist, 57(9), 705-717. DOI : 10.1037/0003-066X.57.9.705
  2. LePine, J. A., Podsakoff, N. P., & LePine, M. A. (2005). A meta-analytic test of the challenge stressor-hindrance stressor framework: An explanation for inconsistent relationships among stressors and performance. Academy of Management Journal, 48(5), 764-775. DOI : 10.5465/amj.2005.18803921